L'isolation et l'habillage

Mis à jour : juin 11

L’une des premières choses qu’il a fallu prendre en considération lors de notre aménagement a été d’isoler notre fourgon. Comme nous partons au moins un an en Europe, il fallait s’assurer que Bobby n’attraperait pas froid ou une insolation.


Le désavantage principal d’un fourgon, à l’inverse d’un camping-car, c’est que la partie habitable est faite de tôle. Or, la tôle est un matériau énormément conducteur, ce qui veut dire qu’elle laisse passer le froid comme le chaud. Et pire encore, c’est un matériau qui ne respire pas. Donc, quand il fait frais à l’extérieur, on pourrait presque voir des stalactites à l’intérieur et quand il fait chaud dehors, tu peux être sûr que tu étouffe dedans.

Mais pour ça, bien sûr, il y a une solution : C’est l’isolation !


Les chiffres





La théorie


Tout comme pour une maison, il est important de bien choisir ses isolants. Il faut savoir que la capacité isolante d’un matériau dépend de sa résistance thermique R, de sa conductivité thermique λ et de son épaisseur e. Pour faire court, on a :






  • Plus la résistante thermique est élevée, plus le matériau est isolant

  • Plus l’épaisseur est élevée, plus le matériau est isolant

  • Plus la conductivité thermique est faible, plus le matériau est isolant.


Comme l’espace dans un fourgon n’est pas très important, il est difficile de jouer sur l’épaisseur de l’isolant – Bah oui, ça serait dommage de condamner la moitié du fourgon … Du coup, ce que nous pouvons faire pour augmenter la résistance thermique et donc la capacité isolante, c’est de jouer sur la conductivité thermique du matériau. En gros, on va choisir des isolants avec une conductivité thermique faible, c’est-à-dire des matériaux capables de retenir le froid ou la chaleur.

En isolant le fourgon, il y aura forcément une différence de température entre l’intérieur et l’extérieur – Eh oui, c’est le but de la manœuvre ! Mais le problème, c’est que, comme je l’ai dit plus haut, le métal ne respire pas, tout comme le verre et donc il n’y a pas d’échange entre l’extérieur et l’intérieur du fourgon. Tu vas me dire « et alors, c’est bien justement ! Oui et non. Admettons que nous sommes en hiver et qu’il fait 5°C dehors. En isolant le fourgon, le côté extérieur de la tôle aura une température de 5°C et le côté interne de la tôle sera bien plus chaud, grâce à la chaleur humaine, ou à la chaleur dégagée par la plaque de cuisson ou encore par le chauffage, s’il y en a un. Résultat de cette différence de température : de la condensation se forme ! Condensation : C’est un phénomène physique de changement d’état de la matière (passage de l’état gazeux à l’état liquide).

"Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme"


Ce phénomène est aussi à prendre en compte lors du choix des matériaux. Qui dit condensation, dit gouttelettes sur la paroi interne, dit aussi moisissures si cette humidité n’a pas de moyen de s’échapper. C’est ce qu’il s’est passé avec l’ancien aménagement. L’isolation avait été faite avec de la laine de verre, et elle n’a pas supporté l’humidité. ​ Du coup, il nous fallait trouver des matériaux imputrescibles, peu épais et avec une conductivité thermique faible.



Le choix des matériaux


Nous avons choisi 3 isolants différents :

1. Le liège expansé : e = 2cm λ = 0.04 W/(m.k) R = 0.25 m².K/W ​​Le liège est un isolant écologique. Il est totalement imputrescible, hydrofuge et quasiment ininflammable. Nous l’avons choisi sous forme de plaque ce qui rend la pose ultra facile. C’est un excellent isolant phonique et thermique ! Parfait pour tout type d’isolation. 2. La laine / fibre de bois (Thermoflex) : e = 4cm λ = 0.036 W/(m.k) R = 1.1 m².K/W


Nous avons choisi un isolant combinant la laine et la fibre de bois (Thermoflex). Il se présente sous forme de panneaux semi-rigides et est très facile à mettre en place. Le Thermoflex est l’un des matériaux le moins conducteur. C’est un excellent isolant phonique et thermique. Il est également capable de réguler l’humidité en l’absorbant puis en la rediffusant.


3. La laine de mouton : vrac λ = 0.042 W/(m.k)


La laine de mouton est surtout recommandée pour l’isolation des plafonds. Ici encore, on a choisi un matériau naturel et écologique. La laine de mouton a un excellent pouvoir isolant grâce aux écailles qui recouvrent la fibre centrale du poil. Saviez-vous que la laine de mouton pouvait absorber jusqu’à 30% de son poids en eau, sans que ses propriétés isolantes soient touchées ? Nous avons choisi de la commander en vrac afin de pouvoir remplir les longerons facilement et éviter les ponts thermiques lors de l’isolation du fourgon.



La pratique


Après avoir un peu galéré à choisir et trouver nos matériaux, il a fallu passer à la partie la plus drôle : poser l’isolation !

Tu peux retrouver toute cette étape dans notre vidéo :





Nous avons commencé par coller le liège expansé directement sur la tôle avec de la colle multi-matériaux. Nous avons isolé les parois, le plafond, ainsi que le sol avec le liège.

Ensuite, nous avons vissé des lambris à la verticale, en perpendiculaire des longerons, ce qui nous a permis de venir glisser par-dessous nos plaques de fibre de bois et de les maintenir en place le long des parois.

Pour le plafond, nous avons dû fixer des tasseaux de bois sur les longerons afin d’augmenter la profondeur pour l’isolation. Nous avons collé et cloué nos lambris sur ces tasseaux puis nous avons glissé les plaques de fibre de bois entre les lambris et le liège déjà collé au plafond.

Tous les longerons ont été remplis avec de la laine de mouton, ce qui a permis d’éviter les ponts thermiques.

Pour le sol, nous avons seulement utilisé le liège, mais en 2 couches. Etant donné que nous avions du parquet rigide, nous avons préféré poser directement le parquet sur le liège plutôt que d’alourdir le fourgon avec une plaque de bois rigide sur l’isolation et sous le parquet.


Le résultat


Et voici ce que ça donne !



Et toi, qu'as-tu choisi comme isolation ?

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