Réaliser une installation électrique dans un fourgon aménagé quand on n’y connait rien en électricité, c’est un grand défi ! Tu te demandes sûrement comment faire : Dimensionnement, choix des câbles, batteries, panneaux solaires, calcul d’autonomie. Dans ce guide complet, on t’explique étape par étape comment concevoir et installer un système électrique fiable et adapté à tes besoins, sans transformer ton fourgon en centrale nucléaire ni risquer un incendie.
Sommaire
- Les bases d’une installation électrique en fourgon aménagé
- Comment fonctionne un système électrique autonome en van ?
- Les éléments indispensables d’une installation électrique
- Les consommateurs d’énergie
- Les sources de production
- Les batteries et systèmes de conversion
- Comment dimensionner son installation électrique ?
- Calculer sa consommation journalière (Wh/jour)
- Choisir la puissance de panneau solaire
- Comment choisir la capacité de sa batterie dans son fourgon ?
- Bien dimensionner ses câbles et fusibles dans son fourgon aménagé
- Les appareils électriques annexe
- Le contrôleur de batterie (ou BMV)
- Le chargeur DC-DC : un coupleur/séparateur intelligent
- Le Battery Protect
- Les convertisseurs 12V/220V
- Le détecteur de CO et de fumée
- Les normes à respecter pour un fourgon VASP
Installe-toi confortablement, prends des notes et je te promets que tout se passera bien et qu’après m’avoir lue, tu pourras te lancer dans l’installation du système électrique de ton fourgon aménagé.
Les bases d’une installation électrique en fourgon aménagé
Quand on parle d’installation électrique, on fait référence à un système électrique qui fonctionne par branchement. Evidemment, si tu as juste besoin d’allumer une lampe le soir, tu peux utiliser des éléments fonctionnant à piles, par exemple, et éviter de te casser la tête avec des connexions de câbles un peu partout dans ton fourgon.
Comment fonctionne un système électrique autonome en van ?
Le principal avantage à bien réaliser à son installation électrique, c’est l’autonomie !
Un système électrique dans un fourgon, pour pouvoir être autonome (plus ou moins) se présente comme cela :
Tu as des équipements qui fonctionnent à l’électricité. Pour faire fonctionner ces équipements, il faut du courant électrique. Les batteries sont des éléments de stockage de l’électricité.
Pour faire tourner tes appareils électriques, tu vas alors puiser dans tes batteries. Sauf qu’à un moment, ces batteries seront vides et ne pourront plus donner de courant électrique à tes appareils. C’est à ce niveau-là que les systèmes de recharges électriques entrent en jeu. Tu as déjà sûrement entendu parler des panneaux solaires et tu as dû déjà voir des fourgons aménagés équipés de ces panneaux.
Ces panneaux solaires sont donc là pour capter l’énergie du soleil et la transformer en électricité (plus ou moins). Cette électricité est alors stockée dans tes batteries et ces batteries peuvent donc donner du courant à tes appareils électriques.
Ils existent d’autres moyen de recharge d’électricité, mais ça je t’en parle juste un peu plus bas dans cet article.
Les éléments indispensables d’une installation électrique
Tu l’as donc compris, il y a trois sortes principales d’éléments électriques à prendre en compte :
- Les consommateurs d’énergie
- Les producteurs d’énergie
- Les éléments de stockage et conversion
Les consommateurs d’énergie
Les consommateurs sont donc les appareils qui vont consommer de l’électricité pour fonctionner (en gros, les appareils que tu as l’habitude de brancher chez toi).
- Lampes
- Chauffage
- Chauffe-eau
- Réfrigérateur
- Pompe à eau
- Télévision
- Prise (recharge téléphone / ordinateur)
- Sèche-cheveux
- Machine à café
Les sources de production
Les producteurs d’énergie sont les appareils qui vont servir à générer de l’électricité pour faire marcher les consommateurs.
- Panneaux solaires
- Alternateur
- Groupe électrogène
- Prise de recharge sur secteur (P17-220V)
Les batteries et systèmes de conversion
Le troisième groupe d’éléments électriques est à ne pas négliger. Tu peux très bien brancher ta lampe directement sur un panneau solaire mais sans appareil de stockage, tu ne pourras allumer ta lampe que quand il y a du soleil qui tape sur ton panneau solaire (oui, c’est complètement débile, on est d’accord). Les éléments de stockage et de conversion, servent à, comme leur nom l’indique, stocker et convertir l’électricité. L’idée est d’emmagasiner un maximum d’énergie dans la journée, de la convertir et de la stocker dans des batteries pour pouvoir la réutiliser plus tard.
- Batteries
- Convertisseurs
Il existe d’autres éléments un poil plus complexe qui peuvent s’avérer utile dans un fourgon, mais on en reparlera après.
De manière générale, pour pouvoir être autonome en électricité en fourgon aménagé, il te faudra des batteries et panneaux solaires adaptés à tes besoins. Le reste des éléments viendra ensuite compléter ton installation électrique.
Comment dimensionner son installation électrique ?
L’installation électrique commence avant même d’avoir mis un pied dans ton fourgon. Idéalement, tu sais déjà ce dont tu auras besoin dans ton fourgon aménagé et les appareils électriques que tu voudras installer.
Réfléchir en amont et tout poser à plat est, selon nous, la première étape à ne surtout pas négliger avant de démarrer l’installation électrique de ton fourgon. C’est une étape très importante car ça ne sert à rien d’avoir une véritable centrale électrique de 10000 Ah dans ton véhicule si tu vas juste allumer 2 lampes. Il ne faut pas sous-estimer ta consommation au risque de te retrouver en panne d’électricité. Toute cette étape de réflexion, c’est ce que l’on appelle le dimensionnement électrique.
Calculer sa consommation journalière (Wh/jour)
Pour bien dimensionner ton système électrique, il faut d’abord lister tous les appareils que tu es susceptible d’utiliser quand tu es en voyage. Ensuite, il faut que tu recherches la consommation électrique de chaque appareil. Pour ça, c’est facile, tu n’as qu’à regarder sur chaque appareil la puissance (en W) dont il a besoin pour fonctionner. Il faut ensuite estimer la durée (en h) d’utilisation de chaque appareil en une journée. Pour finir, il suffit de multiplier la puissance et la durée journalière pour obtenir la consommation journalière de chaque appareil et de les additionner entre eux pour obtenir ta consommation totale d’électricité par jour (en Wh/jour). Tu es encore avec nous ?
Le plus simple, c’est de réaliser un tableau pour ça. Voici l’exemple de notre premier fourgon :
Pour t’aider dans la réflexion de ton dimensionnement électrique, nous t’avons fait un tableur qui reprend la plupart des appareils dont tu pourrais avoir besoin en fourgon aménagé. Tu peux le télécharger directement ici et le remplir selon tes besoin.
Choisir la puissance de panneau solaire
Une fois que tu as ta consommation d’électricité journalière, tu peux choisir maintenant le type et trouver la puissance de panneau solaire dont tu as besoin. La puissance qu’il te faudra dépend énormément des zones et des saisons dans lesquelles tu prévois de voyager. Parce qu’évidemment, partir au Portugal en plein mois d’août n’a rien à voir avec passer le mois de février en Norvège. Parce qu’ici, ce n’est pas une question de température, c’est surtout une question d’ensoleillement.
Plus précisément, deux choses entrent en jeu :
- la durée d’ensoleillement dans la journée
- la hauteur du soleil dans le ciel
Ne t’inquiète pas, je ne vais pas partir dans un cours de physique mais il faut que tu comprennes quand même le fond plus « scientifique » qui se cache derrière tout ça.
Un panneau solaire produit le plus d’énergie lorsque les rayons du soleil arrivent perpendiculairement à sa surface. Plus l’angle devient rasant, plus le rendement diminue. En clair : plus le soleil “tape droit”, mieux ça fonctionne.
Sur les maisons en France, on incline généralement les panneaux autour de 30 à 35°. Pourquoi ? Parce que cet angle représente un bon compromis pour optimiser la production sur l’année entière. En été, le soleil est très haut dans le ciel. En hiver, il reste plus bas. Cette inclinaison permet donc de lisser la production entre les saisons.
Mais attention : ce chiffre n’est pas universel. L’angle idéal dépend fortement de la latitude et de la période de l’année. Plus tu montes vers le nord, plus le soleil reste bas sur l’horizon, surtout en hiver. Et plus le soleil est bas, plus les rayons arrivent avec un angle rasant, ce qui diminue naturellement la production.
Nous avons aménagés 4 fourgons et aidés plusieurs personnes dans leurs installations électriques et nous sommes toujours passés par MyShop Solaire. Ils proposent des produits de qualité et ont une grande expertise dans le solaire. On vous les recommande les yeux fermés pour l’achat de vos panneaux solaires, batteries et matériels électriques.
Attention, ça ne veut pas dire que ton panneau devient inutile dès qu’il ne fait pas grand soleil.
Même quand le ciel est couvert, même quand tu as l’impression qu’il n’y a “pas de soleil”, ton panneau continue à produire. Tant qu’il fait jour, il y a du rayonnement solaire en fait.
Au nord de la Norvège, on a vu des maisons sur lesquels les panneaux solaires étaient carrément accrochés sur les murs ! Et c’est normal, vu que le soleil dépasse l’horizon très peu de temps et ne monte pas bien haut.
Revenons à nos moutons : Sur un fourgon aménagé, le panneau est généralement posé à plat sur le toit. On ne peut pas vraiment choisir l’inclinaison idéale comme sur une maison. La production va donc varier davantage en fonction de la hauteur du soleil dans le ciel. Certaines personnes installent des systèmes inclinables pour orienter leurs panneaux à l’arrêt et optimiser la production. C’est une solution intéressante si tu voyages longtemps au nord ou hors saison. Mais soyons honnêtes : pour beaucoup de voyageurs, une installation fixe bien dimensionnée suffit largement pour être autonome.
La vraie clé ici, c’est d’avoir un système cohérent et qui correspond à tes besoins. Pour déterminer la puissance du panneau solaire dont tu auras besoin, il te faut :
– ta consommation bien listée
– les saisons auxquelles tu veux voyager
– les régions que tu fréquentes
– et ta tolérance au risque de panne d’énergie
Si tu veux affiner selon ta zone géographique et ton ensoleillement, l’outil de MyShop Solaire peut t’aider à simuler différents scénarios (même si leur calculateur se limite à la France).
Attention : les calculateurs en ligne donnent souvent des estimations théoriques. Ils ne prennent pas toujours en compte les pertes réelles, l’orientation du véhicule ou les jours consécutifs sans soleil.
Un point qui prête souvent à confusion quand on parle de panneaux solaires, c’est la différence entre la puissance du panneau et l’énergie qu’il produit réellement dans la journée.
Un panneau solaire annoncé à 500 W ne produit pas 500 W en continu toute la journée. Cette valeur correspond à sa puissance maximale instantanée, mesurée en laboratoire dans des conditions idéales d’ensoleillement (team scientifique de retour).
Dans la réalité, la production varie en permanence selon l’ensoleillement, la saison, l’orientation du panneau ou encore la météo. On parle donc plutôt de production journalière, exprimée en Watt-heure (Wh).
Par exemple, avec un panneau de 500 W, on peut espérer produire environ 500 Wh par jour dans des conditions peu favorables, comme en hiver dans le nord de la France. En été ou au sud de l’Europe, la production peut évidemment être bien plus élevée.
C’est pour cette raison qu’on parle d’un panneau solaire de 500 W (sa puissance maximale), mais d’une production de X Wh par jour, qui dépend des conditions réelles.
Il est donc important de ne pas confondre Watt et Watt-heure.
Les Watt (W) servent à exprimer une puissance instantanée, tandis que les Watt-heure (Wh) correspondent à une quantité d’énergie produite ou consommée dans le temps.
Dans notre cas, pour notre premier fourgon, nous avions estimé notre consommation autour de 915 Wh par jour (rappelle-toi de notre calcul du début). Pourtant, nous n’avons pas installé un panneau de 1000 W. Pourquoi ? Parce que la production solaire n’était pas notre seule source d’énergie.
Lors de notre tour d’Europe, nous roulions régulièrement, ce qui permettait de recharger la batterie via l’alternateur du véhicule. Nous avions également prévu notre itinéraire pour suivre les saisons et maximiser l’ensoleillement selon les pays traversés, donc maximiser la production d’énergie.
En tenant compte de ces éléments et de notre consommation réelle, un panneau de 330 W suffisait largement dans la majorité des situations.
Nous avons donc préféré choisir un dimensionnement cohérent avec notre usage réel, plutôt que de surdimensionner notre installation uniquement sur le papier.
C’est d’ailleurs une leçon qu’on a validée dans des conditions un peu imprévues. On s’est retrouvé bloqués en Grèce de mars à juillet à cause du Covid, ce qui a décalé tout notre itinéraire de base et on s’est retrouvés au-dessus du cercle polaire bien après octobre, par -20°C.
Le chauffage tournait à fond, et on a passé plusieurs jours sans voir le soleil. C’était pas exactement le plan de départ.
Et pourtant, on a survécu avec notre petite installation, principalement parce qu’on roulait pas mal. Meilleure preuve que d’avoir plusieurs sources de recharge, ça change tout le jour où les choses ne se passent pas comme prévu.
Bon, on a quand même eu une petite panne de batterie, mais ça je t’en parle juste après.
Comment choisir la capacité de sa batterie dans son fourgon ?
Une fois que tu connais la puissance de tes panneaux solaires, tu peux maintenant calculer la capacité de batteries nécessaire pour garder une bonne autonomie en cas de mauvais temps. La capacité des batteries est exprimée en Ampère heure (Ah). Pour cela, il suffit de prendre la consommation journalière totale que tu as calculé précédemment et de diviser ce nombre par le voltage du circuit électrique que tu vas créer dans ton fourgon (12v ou 24v). Ça te donnera le nombre d’Ampères (Ah) que tu vas consommer en une journée. Il faut ensuite multiplier cette valeur par 2 pour obtenir la capacité minimale de batterie nécessaire pour ton circuit. Prends le temps de regarder mon exemple avant de t’arracher les cheveux.
Tu vas peut-être me demander pourquoi multiplier la valeur par 2, pourquoi ne pas utiliser directement la valeur obtenue ?
Une batterie ne doit jamais être déchargée à fond, ça l’endommage irréversiblement et diminue énormément le nombre de cycles de recharge de celle-ci. Mais, tout dépend du type de batterie que tu vas utiliser : elles acceptent plus ou moins de profondes décharges.
Il vaut mieux installer des batteries capables d’accepter des décharges profondes. On appelle ça des batteries à décharge lente ou batteries solaires ou encore batterie nautique (ça dépend de chez qui tu vas l’acheter). Il existe 3 familles principales de ce type de batterie : AGM, Gel et Lithium.
Les batteries AGM et Gel peuvent accepter 50% de décharge maximum avant de réellement se dégrader alors que les batteries lithium peuvent encaisser une décharge de 80% voir plus, d’où l’écart de prix. De plus les batteries lithium acceptent en moyenne beaucoup plus de cycles que les 2 autres.
On t’a fait un petit récap des caractéristiques de ces différents types de batteries pour que tu y vois plus clair. Pour être honnête, c’est un sujet qui mériterait d’être expliqué bien plus en profondeur, car chaque type de batterie a ses avantages et ses inconvénients, et ses sous-catégories, qui parfois, peuvent changer la donne.
Voilà, maintenant que tu es un pro du dimensionnement, place au dimensionnement des câbles !
Bien dimensionner ses câbles et fusibles dans son fourgon aménagé
Tu connais ta potentielle consommation électrique. Tu as pu calculer la puissance de tes panneaux solaires et batterie. Maintenant, place aux calculs des sections de câbles et fusibles pour éviter de faire cramer ton fourgon.
Si les premiers calculs ne sont pas bien faits, tu risqueras seulement de te retrouver en panne d’électricité ou d’en avoir beaucoup trop. En soit, rien de très grave. Par contre, si tu ne dimensionnes pas comme il faut tes câbles, là ça risque d’être très problématique et ça peut déclencher un incendie. Don’t worry, on est là pour tout t’expliquer en détails.
Les câbles
Il faut éviter de faire surchauffer les câbles et faire péter les fusibles à chaque fois que tu allumes une lampe ou branches ton téléphone.
On ne va pas rentrer dans des calculs mais en gros ce qu’il faut retenir c’est que le diamètre du câble dépend de 2 critères : La puissance de l’appareil connecté et la longueur du câble.
Ainsi :
- Plus la puissance de l’appareil est grande, plus le câble doit être gros (logique)
- Plus la longueur est grande, plus le câble doit être gros
Pour te faciliter la tâche et t’éviter les calculs si tu n’aimes pas ça, on t’a créé un tableau de la section de câble à choisir en fonction de la puissance de l’appareil que tu vas connecter et de la longueur aller-retour du câble en question pour un système en 12V. Il s’agit ici de la section de câble minimum pour que ça ne chauffe pas, on peut choisir un câble plus gros mais il est préférable de rester quand même proche de la valeur car plus le câble est gros et plus tu vas avoir de perte d’énergie et c’est dommage.
Section de cable en mm² en fonction de la puissance de l’appareil connecté et de la longueur aller-retour de cable entre la batterie et l’appareil.
Si tu veux des détails sur la création de ce tableau on a suivi la formule S = r * L * I / V pour un système 12V avec des fils en cuivre et une chute de tension de 3% pour se donner une petite sécurité. (La norme étant normalement de 5%). Les valeurs ont été arrondies à la section standard supérieure. Attention, ce tableau ne peut pas être considéré comme la seule et unique vérité, il est indicatif et chaque configuration doit être étudiée au cas par cas.
Les fusibles
Les fusibles sont là pour protéger ton installation électrique et éviter de mettre le feu à ton fourgon en cas de surtension ou d’un dysfonctionnement d’un de tes appareils. Le calibre du fusible (Ampère limite) doit donc être supérieur à l’intensité des appareils branchés sur le circuit et inférieur à l’intensité maximum admissible par les fils du circuit. L’intensité maximum peut être calculée à l’aide de la formule suivante :
Exemple de calcul pour alimenter 2 spots LED :
Les appareils électriques annexe
Je t’ai parlé jusqu’ici des appareils principaux pour avoir un système électrique cohérent : Consommateurs, Producteurs et Stockage. Mais il existe d’autres types d’appareils qui peuvent d’avérer très utiles, bien qu’ils ne soient pas obligatoires.
Le contrôleur de batterie (ou BMV)
C’est clairement l’appareil qui parait gadget au début mais que la plupart des voyageurs en van regrettent très vite de ne pas avoir installé dans leur fourgon. Le contrôleur de batterie, c’est un peu comme une sonde qui vérifie ton électricité en temps réel. Il t’indique exactement combien il te reste d’énergie dans ta batterie (en Ah et Wh), pas juste en donnant un voltage (V) approximatif. Il te donne même un pourcentage de ce que tu as consommé et l’autonomie estimée restante en fonction de ta consommation à l’instant T. Tu peux également voir l’énergie en cours de production, par le panneau solaire par exemple.
Concrètement, tu installes un petit composant, qu’on appelle un shunt, qui va mesurer tout ce qui rentre et ce qui sort de ta batterie. Tu as même des modèles qui ont un Bluetooth intégré, ce qui te permet de suivre ta consommation en temps réel depuis ton smartphone (gadget ou pas, nous, on kiffe !). Si ça t’intéresse, on te recommande vraiment ce modèle!
C’est, selon nous, un élément très pratique pour évaluer quotidiennement ce qu’il reste comme électricité dans la batterie, afin de ne pas trop la décharger et l’abimer.
Le chargeur DC-DC : un coupleur/séparateur intelligent
Cet appareil fait partie de la catégorie des producteurs d’énergie. Si tu roules régulièrement, le chargeur DC-DC est un investissement qui vaut vraiment le coup et sur un fourgon récent, il est même quasiment incontournable. Laisse-moi t’expliquer brièvement pourquoi : depuis les normes antipollution Euro 5 et Euro 6, les véhicules mis en circulation après 2011 sont équipés d’alternateurs dits “intelligents” qui ne fonctionnent plus comme les anciens.
Un alternateur intelligent gère sa production selon les besoins du véhicule et ne charge la batterie de démarrage que par courtes impulsions. Le problème, c’est qu’un coupleur séparateur classique se déclenche uniquement quand il détecte que la batterie de démarrage est pleine et que l’alternateur envoi du courant, ce qui n’arrive quasiment jamais avec ce type d’alternateur (les nouveaux). Résultat : ta batterie auxiliaire attend un signal qui ne vient pas, et reste déchargée malgré des heures de route. C’est un peu frustrant quand tu réalises que tu as roulé 4 heures et que ta batterie n’a quasiment pas bougé. Le chargeur DC-DC règle ce problème en pilotant la charge de manière optimisée, peu importe le comportement de l’alternateur.
Pendant notre tour d’Europe, on a eu une panne de batterie auxiliaire. On a passé plus d’une semaine sans voir le soleil (déjà parce qu’il neigeait beaucoup et que le ciel était très couvert et surtout parce que le soleil se couchait à midi). Du coup, 0 watt produit par le panneau solaire. Notre seule source de recharge pour la batterie auxiliaire, c’était par l’alternateur et le coupleur séparateur. Sauf que dans notre premier fourgon, on n’avait pas eu le budget d’acheter un chargeur DC-DC. On soupçonne notre coupleur séparateur d’avoir trop tiré sur la batterie moteur pour tenter de recharger notre batterie auxiliaire, parce qu’on est passé à deux doigts d’avoir une panne de batterie moteur en plein milieu de nulle part, au-dessus du cercle polaire ! Notre fourgon était de 2008, donc pas d’alternateur intelligent à blâmer ici : c’est simplement le coupleur séparateur basique qui ne gérait pas assez bien la situation. Un chargeur DC-DC aurait régulé tout ça proprement, sans jamais mettre en danger la batterie de démarrage. Nous te conseillons de choisir un modèle isolé qui correspond bien à la capacité de ta batterie.
Le Battery Protect
Cet autre appareil est lui aussi facultatif mais vaut le coup de s’y intéresser. Le Battery Protect, c’est un petit équipement qui va automatiquement couper tes consommateurs quand la tension de ta batterie descend en dessous d’un seuil que tu as toi-même défini. En gros, c’est le gardien de ta batterie. Même si tu oublies de surveiller ton contrôleur, le Battery Protect assure la sécurité automatiquement. C’est particulièrement utile si tu as des batteries AGM ou Gel qui ne doivent pas être déchargées à plus de 50%, si tu ne veux pas les abimer. Ça peut sembler gadget, mais ça peut allonger significativement la durée de vie de tes batteries. Tu peux choisir ton modèle ICI en fonction de l’intensité total de tes consommateurs.
Les convertisseurs 12V/220V
Le système électrique dans un fourgon aménagé tourne en 12V. C’est parfait pour alimenter des lampes, une pompe à eau, un frigo et d’autres appareils qui fonctionnent en 12V (chauffage, chaffe-eau, etc.). Mais souvent, ça ne suffit pas pour tous les appareils que tu voudras utiliser en voyage. Si tu as un ordinateur, ou des appareils designés pour la maison, il te faudra certainement un circuit 220V dans ton fourgon également. Et c’est là qu’intervient le convertisseur. En gros, ces appareils transforment le courant continu 12V de ta batterie auxiliaire en courant alternatif 220V, comme à la maison. C’est utile si tu veux brancher ton ordinateur, ta machine à café ou ton sèche-cheveux sans devoir te brancher à une borne électrique.
Pour bien choisir ton convertisseur, il y a deux éléments à bien prendre en compte :
- Pur Sinus : Un bon convertisseur pour ton fourgon aménagé devrait avoir la mention « pur sinus ». Pourquoi ? Là encore, je vais pas rentrer dans les détails mais quand tu es à la maison, le courant qui sort de ta prise murale à la maison forme une courbe régulière et fluide (appelé sinus). Un convertisseur pur sinus reproduit exactement ce signal, ce qui le rend compatible avec tous les appareils, même les plus sensibles comme un ordinateur. Un convertisseur pseudo sinus, lui, produit un signal approximatif et chaotique : c’est comme si au lieu de rouler sur une route lisse, tes appareils roulaient en permanence sur des pavés. Alors oui, ça fonctionne, mais à la longue, ça abime tes appareils. Pour nous, même si le pure sinus coûte plus cher, c’est un point non négociable pour le bien-être de tes appareils 220V.
- La puissance : C’est assez facile à calculer. Il te suffit d’additionner la puissance de tous les consommateurs qui fonctionnent au 220V que tu utiliseras en même temps. Notre conseil : limiter l’utiliser simultanée d’appareils 220V. Choisis ensuite un convertisseur dont la puissance est légèrement au-dessus de ce total.
Note : pense à bien vérifier la puissance crête de ton convertisseur. La puissance affichée sur ton convertisseur correspond à la puissance en fonctionnement continu, mais beaucoup d’appareils consomment bien plus que ça au moment du démarrage (un frigo, une perceuse, un mixeur…). Cette surconsommation dure seulement une fraction de seconde, mais si ton convertisseur ne peut pas l’absorber, il disjoncte ou s’abîme. Assure-toi donc que sa puissance crête est suffisante pour couvrir ces pics de démarrage de chacun de tes appareils (Wc = Watt-crête).
A retenir, nous ne te conseillons pas forcément d’avoir beaucoup d’appareils électrique de type mixeur, machine à café, lisseur cheveux, car ils sont vraiment très énergivores. Même en dimensionnant ton système électrique en fonction de leur consommation, il est quasiment impossible d’être autonome avec ce genre d’appareil en fourgon aménagé, à moins de te brancher au secteur.
Tu peux retrouver tous ces équipement sur le site MyShop Solaire. Si tu as des questions, leur équipe est là pour te conseiller et t’aider dans le choix des matériaux.
Le détecteur de CO et de fumée
Celui-là, on n’en parle vraiment pas assez. Vivre dans un espace aussi confiné qu’un fourgon, c’est génial, mais ça implique des précautions que beaucoup négligent. Un détecteur de monoxyde de carbone (CO), surtout si tu as un chauffage à combustion (diesel, gaz), c’est non négociable. Le CO est inodore et incolore, et peut s’avérer mortel avant même que tu ne t’en rendes compte. Associé à un détecteur de fumée, c’est quelques dizaines d’euros investis pour dormir vraiment tranquille. Et si tu passes en VASP (on en parle juste en dessous), tu as de toute façon intérêt à avoir tout ça bien en place dans ton fourgon.
Les normes à respecter pour un fourgon VASP
Oui, on le sait, ces normes VASP elles font peur à tout le monde. Quand on voit « VASP », on pense tout de suite à de l’administratif lourd et des dossiers techniques à remplir. Mais sache que si tu aménages ton fourgon avec des éléments fixes, le passage de ton véhicule en VASP autocaravane devient alors obligatoire, et c’est pourquoi il faut qu’on t’en parle rapidement ici.
VASP Autocaravane, ça veut dire quoi ?
VASP, c’est pour « Véhicule Automoteur Spécialement Aménagé ». Dès que ton fourgon comporte les 5 éléments clés d’un aménagement fixe (une table avec des assises, un couchage, un coin cuisine avec au moins un point de cuisson permanent, des rangements intégrés, et un aménagement non démontable), il doit officiellement changer de statut sur la carte grise. Ça implique de passer par plusieurs organismes de contrôle, de respecter certaines normes AFNOR, et d’y passer un peu de budget.
Ce qui nous intéresse dans cet article, c’est la partie électrique. Et bonne nouvelle : la norme électrique qui s’applique aux fourgons aménagés (NF EN 1648-2) n’est pas vérifiée par la DREAL l’organisme qui valide ton aménagement).
Mais attention, même sans contrôle de la DREAL, cette norme existe pour de bonnes raisons. Et ici, on parle directement de sécurité : la tienne et celle de tes passagers. De manière générale, on a tendance à râler contre les normes, à les trouver contraignantes ou excessives. Mais on est du genre à penser que si des gens se sont assis autour d’une table pour les définir, c’est rarement pour nous embêter. C’est parce que quelqu’un, quelque part, a déjà eu un problème : un câble qui a surchauffé, une batterie mal ventilée, un fusible sous-dimensionné, ou autre. Ces normes ont alors été écrites pour éviter les problèmes déjà rencontrés par le passé par d’autres personnes et te pousser à faire les choses qui n’iront pas à l’encontre de ta sécurité.
Bonne nouvelle, ici on te donne les points clés à retenir de la norme NF EN 1648-2 :
- La batterie auxiliaire doit être à décharge lente, à faible taux d’auto-décharge, et d’au minimum 60 Ah
- Les bornes + et – de la batterie doivent être clairement identifiées
- Si la batterie présente un risque de fuite de gaz, elle doit être dans un compartiment ventilé vers l’extérieur
- Chaque circuit doit être protégé par un fusible dédié — mais ces fusibles ne doivent pas se trouver dans le compartiment batterie ni dans le compartiment gaz
- Les câbles doivent être fixés régulièrement (tous les 25 à 40 cm) et protégés contre la chaleur et les détériorations — aucun câble ne doit passer dans le coffre à gaz
- Les prises 230V (via convertisseur) doivent être bipolaires non réversibles, avec phase, neutre et terre
- Les éclairages extérieurs doivent être au minimum IP 34
Si tu suis tout ça, tu seras dans les clous et il ne devrait pas y avoir de problème, que ce soit lors du contrôle ou pour ta sécurité pendant tes voyages.
Maintenant que tu as toutes les clés en main pour dimensionner et installer ton système électrique, tu te demandes peut-être à quoi ça ressemble concrètement une fois mis en pratique ? On te prépare prochainement un article dédié dans lequel on te partage les schémas électriques complets de nos 3 fourgons aménagés : 3 configurations, 3 niveaux de besoins, 3 budgets différents. De quoi t’inspirer et adapter à ta propre situation.
Si cet article t’a été utile, n’hésite pas à le partager, le mentionner sur les réseaux ou sur ton blog pour soutenir notre travail.
Un grand merci de nous avoir lu. Nous attendons tes questions, remarques et commentaires !
Et surtout n’oublie pas, le bonheur n’est pas une destination, c’est une façon de voyager.
En 2019, on a quitté notre appartement pour aménager un van et partir parcourir l’Europe.
Depuis, on a aménagé 4 fourgons et traversé plus de 20 pays, en hiver comme en pleine canicule.
On a appris sur le terrain : budget réel, autonomie, isolation, recherche de spots, imprévus administratifs. La vanlife, on l’a vécue dans sa réalité.
Sur ce blog, on partage ce qui fonctionne vraiment pour aménager son fourgon et voyager en van. On te donne nos conseils et astuces et nos road trips favoris en Europe !
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